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La Maison Forte

The Polyphony Project

Ukraine : Pour rester vivant

Fêter le fait d’être ensemble peut sembler vain, presque indécent quand des civils se font massacrer en Ukraine en ce moment. Mais nous taire serait justement faire ce que cherchent celles et ceux qui travaillent à nous isoler, à nous opposer. Alors chantons avec nos sœurs et nos frères grâce au magnifique Polyphony Project. 


La mission des ethnomusicologues du Polyphony Project est de recenser, préserver et présenter le précieux patrimoine des chants polyphoniques, ce folklore musical vivant des villages ukrainiens. En plus d'enregistrer les trésors culturels immatériels de la paysannerie ukrainienne à l'aide d'une technologie de pointe, leur priorité est de rendre ce patrimoine d'une valeur inégalée accessible au monde, et d'en permettre ainsi la survie. 

Accumulé au fil des siècles, cet héritage musical est rendu disponible en ligne sous une forme organisée. L’occasion pour nous d'apprendre un de ces chants et de le chanter ensemble, pour leur faire un signe, même vain, et de rencontrer si possible un des porteurs de ce projet. L’occasion de faire territoire ici, avec leur histoire en héritage. 

C'est donc le samedi 19 mars qu'une vingtaine de chanteurs se sont retrouvés pour apprendre avec la chanteuse Mathilde Limal, une de ces polyphonies. Emotion de voir un chant si complexe prendre corps en quelques heures. À 17h30, nous avions convenu d'un échange avec trois porteuses du Polyphony project encore présentes là-bas, en Ukraine, Myroslava Vertiuk, Natalka Khomenko et Olga Karapata. Grâce à la traduction simultanée  de Dariya Bibikova, les frontières se sont comme effacées un instant. Il ne nous a fallu que quelques minutes pour comprendre que ces femmes étaient sous les bombes russes au moment de l'échange et pour entendre qu'elles mêmes trouvaient un peu vain de chanter en ce moment, ce jusqu'à connaitre notre initiative. C'est la raison pour laquelle elles ont traversé la ville de Kyiv pour nous entendre et pour répondre car cette initiative. Ce temps leur a redonné le goût de chanter.  L'émotion était forte, plus encore quand nous avons compris que le village dont était issu le chant que nous avions choisi venait d'être rasé. Transportés par les vingt chanteurs, nous étions 80, en larmes à rejoindre le mouvement. Et c'est avec une folle énergie que Myroslava, Natalka et Olga nous ont répondu dans un chant sublime. Nous nous sommes quitté en leur faisant la promesse que nous leur adresserions à notre tour un chant français et que désormais, il nous serait difficile de nous quitter. Définitivement, contre notre impuissance, chanter ensemble à cet instant faisait donc sens, plus encore quant on saisi que la destruction culturelle de l'Ukraine est une stratégie délibérée de l'armée russe. (voir article de theconversation.com)


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