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La Maison Forte

Solène Passard

Comment habiter un lieu qui n’existe pas

du 18 avril au 8 mai
La Maison forte

Architecte, Solène porte une attention particulière au récit des bâtiments sur un territoire. Comment un lieu, avec ses grandes ou petites histoires, avec les liens sociaux qu’il tisse, fabrique-t-il une manière d’être au monde ? La Maison forte, anciennement le château de Monbalen, est un terrain de jeu parfait pour Solène, excepté qu’il a été dépouillé, pillé de toute sa mémoire, jusqu’à récemment. C’est donc à un travail d’archéologie, de recoupement de généalogies ou d’autres bâtiments alentours qu’elle se livre pour tenter de dégager « les états supposés » de ce bâtiment. États patrimoniaux en couches défaites ou superposées, fragiles donc. Supposés, car aucune vérité ne se détachera d’un lieu croisé par mille personnages, mille histoires, mille morts ou vivants, mille interactions. 

Avec cette liberté associée à une grande exigence, dans l’échange avec des historiens, des passionnés, des voisins, elle crée un récit de pierres et de vivant où l’on retrouve le patrimoine naturel -sans lequel probablement jamais ce château n’aurait été construit-, les conflits armés incessants, la mémoire effacée des femmes qui ont fait cette histoire, les paysans de ces territoires désormais remembrés ou atomisés. Par le prisme de ces recherches, Solène découvre une histoire sensible, des faits, des noms et des vides dans lesquels se nicher pour mieux savoir d’où l’on vient et bien comprendre que nous ne faisons que passer. Par cette balade dans les interstices, on saisit la possibilité d’entretenir un autre rapport au vivant car, dans ce château, rien n’est plus fluide qu’une pierre.

Solène a synthétisé le résultat de ses recherches historiques dans une page Wikipedia sur le Château de Monbalen