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La Maison Forte

La marche sans visage, sans bruit, sans rien

Une marche pour se mettre en risque et apprendre à faire culture différemment.

Une des difficultés liée aux transitions à venir est qu'il est souvent plus simple d'en énoncer le périmètre plus que de les vivre. Malgré nos discours, il est difficile de nous mettre en jeu du risque et du changement.

Calfeutrés sur un énième confinement, en doute sur les manières à venir de "faire culture" et relations aux publics, nous avons croisé les équipes de la gare mondiale à Bergerac, du festival de Villéréal et du metteur en scène Julien Villa.

Ce dernier nous a proposé un roman en cours d'écriture, celui d’une insurrection qui devient création de spectacle en marchant du Lot et Garonne à la Dordogne. Cette histoire est celle de " Rodez - Mexico", celle de Marco, un jardinier aux espaces verts de la surface commerciale du grand Rodez qui apprend la destruction prochaine de son pavillon pour élargir les voies d'accès du grand magasin.  Il croise alors la lutte zapatiste, le sous commandant Marcos et lance sa propre révolution, en plus déglinguée. 

Pour faire lien entre des équipes atomisées par le virus, nous avons décider d'inventer un jeu de rôle sur les territoires traversés, l’alibi de rencontres improbables, une multiplication de boutures artistiques. Une forme de aïkido administratif. 

Une résolution : faire porte à porte et faire oeuvre, hors des murs des lieux de spectacles.Apprendre à vivre en marchant dans un roman.

En avançant ainsi sans savoir, nous avons inventé, durant quinze jours, un principe de web TV, d'AG insurrectionnelles, de débats sans fins, ouverts, créatifs et vivants. Certainement, par cette mise en risque, il devient désormais difficile, pour nous, de faire différemment, certainement de cette manière nous avons appris à vivre avec nos peurs.