La Maison Forte

Sam Brault et Claire Lenoël

À la croisée des traditions orales

Du dimanche 11 mai au dimanche 25 mai

MUSIQUE

Se réapproprier les langues pour réincarner les cultures.

Sam Brault est un·e habitué·e des musiques expérimentales et traditionnelles. Pour ce temps de résidence long, iel est accompagné·e de Claire Lenoël, musicienne dont le parcours s'étend de la musique classique hindoustanie au répertoire traditionnel occitan. Ensemble, sous le nom de Tornade Spectrale, iels sont venu·es avec une ambition forte : réapproprier les langues et les traditions orales pour les inscrire dans une création contemporaine vibrante. Comment faire de l'air traditionnel, séculaire par définition, un matériau brûlant d'actualité ?

Le duo est arrivé avec le désir de tisser des liens entre des univers a priori lointains : les ragas d'Inde du Nord, la modalité occitane et les musiques répétitives. À La Maison forte, ce processus s'est déployé en deux temps. D'abord, une immersion totale dans la "matière" musicale — un temps de recherche pour trouver un instrumentarium commun entre synthétiseurs modulaires et flûte bansuri. Puis, un second temps plus introspectif, où l'effervescence du printemps a laissé place à une mise en forme rigoureuse. Ce continuum créatif a permis de transformer l’intuition en un "concert fleuve" d’une heure, où la répétition ne lasse jamais mais envoûte.

C’est ici, à La Maison forte, au contact d’autres résident·es et sous le regard des équipes, que le duo a affiné son univers. Pour Claire, la résidence a marqué le réveil d'une passion endormie pour la musique hindoustanie, réinterprétée avec le bagage des années passées. Pour Sam, c’est le rapport à l’endurance et à la densité sonore qui s'est cristallisé. Le déclic s'est produit lors du Bazar de mai : confrontée au public, leur "tornade" a trouvé son ancrage, prouvant que chanter en occitan aujourd'hui est un acte de résistance joyeux et nécessaire pour maintenir les cultures vivantes.

Ce que cela nous inspire : Le passage de Tornade Spectrale nous confirme que la transition est aussi une affaire de fréquences. Iels ne font pas du folklore : iels pratiquent une archéologie du présent. Iels nous montrent que la culture n'est pas un objet figé sous vitrine, mais une matière organique qui a besoin de temps longs et d'espaces de liberté pour se réinventer.

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