Un dispositif apprenant au coeur d'un paysage réécrit par l'eau. Une histoire, un jardin remarquable(ment) vivant, des expériences, des formations pour essaimer plus largement.
Depuis plus de huit siècles, l’eau façonne Monbalen.
Des sources protégées par le château médiéval aux ouvrages hydrauliques patiemment construits au fil des siècles, elle a dessiné un paysage nourricier où se sont tissés des liens étroits entre humains, sols, cultures et biodiversité. Le vivier de pierre, l’un des plus importants de la région, en est l’expression la plus forte : un monument à l’eau, à la fois fonctionnel, symbolique et vivant.
Aujourd’hui, ce patrimoine est en danger.
Le vivier s’effondre par endroits, l’eau se charge de pollutions diffuses, les sols s’érodent, les zones humides disparaissent. Comme ailleurs, la crise de l’eau révèle une rupture de notre relation au vivant. Mais à Monbalen, nous avons choisi de répondre par la régénération plutôt que par la réparation minimale.
Depuis 2017, autour du château et de ses 5 hectares, un vaste chantier de transformation est à l’œuvre. Ce site est devenu une fabrique coopérative des transitions, un laboratoire à ciel ouvert où s’expérimentent des solutions sociales, écologiques, culturelles et scientifiques, portées par l’association La Maison forte.

Le vivier est le cœur battant de ce projet.
C’est autour de lui que le paysage se réorganise et que les travaux ont été menés. Des diagnostics complets (eau, sols, biodiversité, hydraulique) ont permis de comprendre les déséquilibres à l’œuvre et d’engager une stratégie de régénération globale.
Trois grands ensembles paysagers, reliés par des chemins d’eau, ont été restaurés et mis en dialogue :
Une zone agricole régénérative, autrefois érodée et sous pression, où ont été engagés des travaux de restauration des sols : plantations de haies, agro-pâturage tournant dynamique, syntropie, limitation du travail du sol. Ces pratiques permettent de stocker l’eau dans les sols, de réduire les prélèvements et de démontrer concrètement des alternatives agricoles sobres et reproductibles.
Une zone humide “sauvage”, longtemps canalisée et dégradée, où les drains ont été rouverts, les écoulements restaurés et des coupes raisonnées menées. Les premiers suivis montrent déjà le retour de la biodiversité et confirment le rôle essentiel de ces milieux dans la régulation de l’eau et du climat local.
Une zone patrimoniale et culturelle, reconnectée à la vallée par de nouveaux cheminements. La chapelle, ancien ouvrage défensif devenu pigeonnier, a retrouvé sa vocation symbolique et sensible. Les aménagements paysagers et architecturaux transforment ce lieu en porte d’entrée vers le vivier, offrant une expérience immersive où patrimoine, art et paysage se répondent.
L’ensemble forme aujourd’hui un jardin remarquable(ment) vivant, à la fois espace d’accueil, de production, d’expérimentation et d’apprentissage. Ce passage d’une logique de restauration patrimoniale à une dynamique de régénération est reconnu comme exemplaire par de nombreux experts.
C’est sur cette base concrète qu’est née l’Université populaire de l’eau.
Un espace de transmission et de recherche ouverte, où chercheurs, artistes, habitants, jeunes, agriculteurs et visiteurs viennent apprendre, expérimenter et produire des savoirs actionnables. Ici, l’eau redevient visible, mesurée, racontée, ressentie.
Depuis huit ans, plus de 3 millions d’euros ont été investis dans ce projet : diagnostics, aménagements paysagers, restauration du patrimoine, développement d’outils pédagogiques, création de résidences, d’événements et de formations. Ce socle solide permet aujourd’hui de passer à l’échelle et d’essaimer cette méthode sur d’autres territoires.
L’Université populaire de l’eau est une invitation collective.
À réparer ce qui relie.
À faire du vivier un lieu de savoirs partagés.
À prouver, par l’expérience, qu’il n’y a pas de fatalité et que prendre soin de l’eau, c’est prendre soin du vivant et de nos patrimoines futurs.