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La Maison Forte

Le prix du vivant

Enedis massacre à la tronçonneuse des arbres rares à La Maison forte. 280 000 € de préjudices. À l'attaAAaaAque !

Enedis tue l'environnement sans aucune raison autre que la prédation.
Le prix du vivant, lancement d'un débat citoyen, la possibilité d'un changement ?

Au printemps, dans la journée du 27 avril 2021, en pleine période de nidification, la société Enedis est entrée sans aucune autorisation sur le domaine de La Maison forte à Monbalen et a rasé 8 arbres anciens, dont une essence protégée, sans aucune raison. Aucune servitude d’aucune sorte, aucun risque, aucune urgence n’autorisait une telle violence.

1000 ans de soins détruits en 10 minutes 

Ce site est un site patrimonial remarquable, à savoir « Un site patrimonial remarquable est, en droit français, le site d'une ville, d'un village ou d'un quartier dont la conservation, la restauration, la réhabilitation ou la mise en valeur présente, au point de vue architectural, archéologique, artistique ou paysager, un intérêt public. ». La vallée boisée est classée comme Espace Boisé Classé. Des études menées par un architecte des Monuments Historiques et un archéologue des Bâtis Anciens tendent à confirmer une présence humaine vieille de plus de 1000 ans liée principalement à un paysage unique constitué d’une dizaine de biotopes différents sur six hectares. C’est pourquoi cette zone est également classée « Zone de présomption de prescription archéologique (ZPPA) » : les projets d'aménagement en affectant le sous-sol sont susceptibles de donner lieu à des prescriptions archéologiques préalablement à leur réalisation. 

Une culture de la destruction et de l’impunité chez Enedis

Après un premier rapport de force au cours duquel les responsables de cette société n’ont cessé de s’enfoncer entre déni de responsabilité et inconséquence. Ils ont fait une proposition de « réparation » : 17 000 €. Nous avons refusé cette offre qui parait signer leur responsabilité mais qui ferait office d’une décoration dans cet environnement alors que dans les faits, ils ont bien saccagé un écosystème. La réponse méprisante d’Enedis a été considérée comme inacceptable, la valider conduirait à valider qu’il ne sert à rien de lutter pour la protection de notre environnement, le cynisme institutionnel et les intérêts financiers l’emportant toujours.

Considérant, dans un premier temps, l’impossible réparation intégrale du préjudice – qui est pourtant la base du droit français – la déresponsabilisation systémique des décideurs économiques qui chaque jour pillent l’environnement de façon irréversible, La Maison forte a proposé à Enedis un principe de substitution consistant au financement d’un centre pédagogique dédié à une culture du vivant pour enseigner gratuitement ce savoir aux enfants de la région.

Cette option de création d’un bien public a été refusée par la société Enedis sans aucune attention portée au projet. Crainte d’un précédent ? Estimation que ce ne sont que quelques arbres ? Habitude de savoir que le droit plie toujours de leur côté ? Refus de reconnaitre ainsi leur responsabilité ? C’est ce que l’on va chercher à savoir parce que nous croyons que cette violence et cette impunité ne sont désormais plus acceptables.

280 000 € de préjudice.

Après des semaines de négociation, puis d'élaboration d'un dossier conséquent, après de multiples expertises, nous assignons Enedis en justice. Nous souhaitons aussi que soit reconnue la responsabilité des cadres de cette entreprise dans un saccage qui semble courant et délibéré.  Cette procédure sera l'objet d'un débat plus ample afin de savoir quel prix donne-t-on au vivant.

Malgré sa volonté affichée publiquement de trouver un accord négocié en bonne intelligence, Enedis ne procède que par le mépris. Outre cette recherche action sur le prix du vivant, nous lançons un projet d’œuvre pour conserver les arbres saccagés et faire que les pratiques de cette société soient connues et partagées. Enfin nous étudions le retrait des poteaux électriques qui semblent avoir été posés sans aucune forme d’autorisation.

Citoyen.ne, consommateur.trice d’électricité, attaché.e au service public, salarié.e d’Enedis, révolté.e d’un monde qui s’effondre et de la totale impunité des responsables du massacre quotidien, Don Quichotte de tous poils…Rejoignez-nous, participez à l'invention d'un droit du vivant réellement dissuasif quand l’environnement est massacré de façon irrémédiable.

Elagage – nom masculin : L’élagage est une opération qui consiste en la coupe de certaines branches mortes ou vivantes (ébranchage) d’un arbre pour en orienter ou limiter le développement. On appelle généralement élagage l’arboriculture ornementale… 

Abattage – nom masculin : Action d’abattre, de faire tomber quelque chose, quelqu’un, de tuer des animaux : l’abattage des arbres. 





LE DOSSIER / EN BREF


En quelques mots, cette triste histoire. 

Un geste gratuit de saccage du vivant, contrevenant à tout principe de protection de l’environnement et d’exemplarité de service public

Coupe rase alors qu’un élagage était parfaitement possible et qu'aucune urgence, aucun principe de précaution, d'aucune sorte ne justifiait cette intervention.

Une agression à la tronçonneuse d’une rare violence opérée par des personnes sous traitantes ne parlant pas le français. Ce alors que nous acceptions d’effectuer un élagage par nos soins si on nous faisait la preuve de la nécessité eut égard aux règlements et alors que nous avions refusé par deux fois une intervention sans un cadre et un contrôle clair. 

Violation de domicile, déni de responsabilité alors que, selon toute information disponible, cette société ne dispose d'aucune servitude, d'aucune sorte, sur le domaine et qu’aucune déclaration de campagne n’a été effectuée. 

Un saccage à la charge des citoyens

Enedis tente de faire passer ce saccage pour un accident avec prise en charge par les assurances.

Enedis société de droit privé compte sur le tribunal administratif – moins sévère en termes de condamnation – car ils effectuent une mission de service public. En clair cette société privatise les bénéfices et socialise les pertes.

Une réponse inconséquente, de pur mépris : Une culture de mercenaires, toujours gagnante. 

Il apparait surtout que Enedis sous-traite ses basses oeuvres dans un jeu d'appel d'offre où elle achète au moins disant des kilomètres "d'entretien" sans analyse de la géomorphie des kilomètres vendus, encore moins des espèces présentes à proximité des lignes. Appâtés par les gains, les sous-traitants préfèrent sous traiter à des personnes non formées et choisissent l'abattage moins long à effectuer.  Cela s'appelle une stratégie de mercenaire.

Quel risque prend Enedis ? Quasi aucun. Ils tentent en cas de recours de faire jouer l'assurance de leur prestataire et quand, comme c'est le cas aujourd'hui, on lance une procédure, ils se savent protégés car bien que société de droit privé, ils effectuent une tâche de mission de service public. L'affaire sera donc jugée au tribunal administratif, toujours moins généreux sur les indemnités octroyées. Cela s'appelle privatiser les bénéfices et socialiser les pertes. 

Impunité oui, et c'est l'enjeu d'une véritable évolution du droit vers l'écocide et sa pénalisation, car le responsable des opérations pour la régions Nouvelle Aquitaine, reconnait bravement auprès des journalistes que oui, cette opération de saccage est un classique pour Enedis.

Face à l’impossible réparation, Enedis tente de nous calmer avec une proposition faite au moins disant. Une réparation qui leur coûte moins que si ils avaient effectués un travail de qualité sur les arbres massacrés.  

Après avoir abattu huit arbres anciens, dans un espace protégé, qui participaient activement à la vie d’un écosystème, Enedis propose « exceptionnellement » de replanter de jeunes arbres  dans ce qui s'apparente désormais à "une clairière". 

La difficulté à faire respecter le droit

Si le droit prévoit une restitution en l’état initial, dans le cadre du vivant, une telle approche est quasi impossible. Ce qui semble en arranger plus d’un. Manque de bol pour eux, on ne lâche rien, la réparation à l’identique est tout à fait possible.

La quasi impossible réparation, construire ensemble une alternative

Quand la réparation en l’état initial est impossible, nous souhaitons que de telles sociétés travaillent à inventer une substitution responsable. En compensation, Enedis refuse la plantation d’une forêt vivrière et l’aménagement d’un centre d’éveil aux écosystèmes et au vivant pour les enfants de la région et… pour les cadres d’Enedis. Malheureusement pour eux, après des semaines de recherches nous avons trouvé une solution de replantation d'arbres anciens... à l'identique. Les travaux de replantage à l'identique et le préjudice sont conséquents : 280 000 €. Et puisqu'il nous fallait chercher, nous avons trouvé que les poteaux présents sur la propriété n'ont jamais été déclarés. Il semble qu'aucune servitude ne soit donc opposable à notre endroit  et nous sommes en droit d'étudier le retrait des poteaux, ce que nous faisons désormais.

Agir donc

Considérer que l’on n’a plus le choix, l’urgence nous impose de travailler au respect du vivant, par tous moyens.

Pour le vivant, risquer le pot de terre contre le pot de fer

L’avis unanime est que l’on ne fait pas plier de telles entreprises. Pour autant, il devient impossible de ne pas agir quand, malgré la difficulté, il reste une solution. Agir, perdre, essayer, rater encore, c’est apprendre. Et sur ce sujet, c'est accepter que ce chantier est un travail culturel majeur donc, on ne lâche rien !

Les mots qui fâchent 

En plus, pour Enedis, nous sommes les méchants. Nous utilisons des mots violents à leur endroit "voyous" (que dit-on de gens qui viole un domicile pour le vandaliser sans raison?), "mercenaires", "rapaces"... Nous serions même mus par l'appât du gain mais qui a fait le choix de ne pas mettre en oeuvre une solution d'élagage dans les règles de l'art et de préférer l'abattage, pourquoi ? Face à toutes nos demandes pour comprendre pourquoi Enedis a agit de la sorte, une seule réponse de leur part : " Par ce que ! ". En attendant que la procédure nous permette d'apporter une réponse claire à toutes ces questions nous demeurons sur une énigme : "Mais pourquoi sont ils si méchants ?"





NOUS AIDER, VOUS AIDER

Les sommes indemnitaires reçues dans le cadre de cette procédure seront intégralement réinvesties dans un projet dédié à la défense du vivant. Au delà de La Maison forte, taper fort les prédateurs est une façon de dire STOP à l'impunité. Nous avons besoin d'aide, de soutiens, d'énergie. Vous êtes en colère, vous avez un naturel teckel énervé, vous disposez de connaissance juridiques ou sur les réseaux sociaux, vous êtes un.e ancien.ne de l'agit' prop' bref toute énergie est bonne à prendre. 



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