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La Maison Forte

Le jeu des casquettes

Clarification, autonomie et concertation

Objectiver les relations pour une coopération plus fluide et opérante.

Une des difficultés dans un espace conçu comme un collectif, un écosystème multi-dimensionnel est la capacité à assumer la concertation, la fluidité et l’opérationnalité. On connaît tous les groupes qui s’épuisent à débattre, à concerter pour ne rien décider, à tout faire et tout défaire en permanence.

Nous avons connu cela lors de la première phase de notre expérience (2017-2019), les propriétaires de la SCI se sentant propriétaire de l’activité même si ils n’y participaient pas. 

Trois éléments nous ont permis de trouver une solution concernant cette situation : la dissociation des rôles, l’autonomie, la régularité de la concertation. Pour que cela fonctionne, une question récurrente : avec quelle casquette parles-tu à cet instant ? Un choix, ne plus être un grand tout, un collectif, mais une coopération. Il nous semblait que là, chacun percevait avec plus de justesse, l’impact individuel et collectif de ses propres actions.  


La dissociation des rôles : Quatre rôles différents existent au sein de la Maison forte, associé, habitant, adhérent, coopérateur. 

 

Les associés propriétaires des parts de la SCI sont réunis dans une « foncière éthique ». Ils attendent de l’activité (association, habitants, coopérateurs) une rétribution de 3% maximum de leur apport. Ethique, car si les acteurs ne peuvent sincèrement pas répondre à cette attente, aucune suite n’est donnée.

 

Les habitants sont celles et ceux qui habitent dans le lieu. Tous paient un loyer, même les associés de la SCI. Cela permet de ne pas dissocier habitant et propriétaire, personne ne se sent propriétaire du bien. Chacun est de passage. 

 

Les adhérents : comme dans toute association, les adhérents prennent part aux décisions, notamment dans le cadre d’adhérents élus au sein du Conseil d’Administration.

 

Les coopérateurs : ce sont celles et ceux qui investissent du temps, de l’énergie, des moyens dans le développement de leur activité. Ils sont cooptés par les autres coopérateurs. Réunis chaque semaine au sein de la « réunion opérationnelle », ils prennent l’essentiel des décisions concernant l’activité de La Maison forte. Chaque coopérateur, salarié ou non, est lié à une mission préalablement concertée, ce qui le/la rend autonome et permet aussi d’objectiver les différents échanges, lors d’éventuels débats entre parties prenantes.


Très rapidement, nous réfléchissons à la création d’un statut de contributeur. Ce sont celles et ceux qui apportent une forte contribution de manière ponctuelle, sans engagement aussi fort que celui des coopérateurs mais tout aussi essentiel pour le bon développement de notre activité.


Cette approche liée à une dissociation des statuts permet d’objectiver les différentes prises de paroles, de préciser les points de vue et d’éviter nombre de conflits ou d’incompréhensions inutiles.