RETOUR SUR MARS / LE PRINTEMPS EST INEXORABLE (Neruda)

 

Le printemps est inexorable (Neruda). Alors que ce printemps des terrasses remplit certains de joie, ce réchauffement soudain inquiète sauf, quand il s’agit de construire un projet qui désormais s’accélère. Enchainement des possibles, des rencontres et des coopérations qui enfin s’alimentent les unes, les autres. Sentiment d’un drôle d’alignement. Drôle car il y a d’abord de la joie. Échanges permanents Bruxelles / Monbalen, accélération d’un projet culturel de saison qui se boucle joliment. Graziella, Sébastien, Bruno, Philippe et Julien planchent sur leur projet mission.

À la mi-mars, Hugo invite ses amis pour un premier temps de co-conception du projet de guinguette. « Rêver la guinguette » est notre premier sujet. Cet échange, portant sur le rêve ouvre sur la nuit, les imaginaires, l’espace possible d’une liberté retrouvée… Juliette nous fait découvrir la chanson du  » Café du canal « . Nous pourrions nous inspirer de cela. Belle idée. Belle émotion et belles pistes que l’on transmet à un nouveau groupe créatif la semaine suivante.

À peine remis de nos émotions, Valérie arrive de Limoges avec un Renault Trafic plein à ras bord d’un tout nouvel atelier de bricolage. Ce cadeau offert à l’association, déclenche une belle énergie et marque le début du chantier que tous, nous avons dessiné au printemps dernier.

En soute le travail s’intensifie, s’accélère et les connexions se multiplient. Alors que Philippe et Gabrielle échangent sur les conditions pour « faire écosystème », Thomas réfléchit de plus en plus à produire un mattang. Julien et Bruno font de même de leur côté. Toujours la même
idée : faire carte relationnelle du territoire.

Et puis c’est la surprise de découvrir un projet que l’on porte depuis des années, dans les yeux d’un journaliste bienveillant. Un papier de Sud Ouest où l’on parle de La Maison forte comme un « espace des possibles » et une « fabrique d’utopie »s. Ces derniers jours nous comprenons que ce mot résonne plus joliment dans la tête des gens que ce que nous imaginions jusque là.

Comme pour une fête de famille, les amis arrivent d’un peu partout, logent dans toute la maison pour mettre en œuvre, ensemble cette présentation du 22 mars. Il faut communiquer, préciser les mots. Nous devons être clairs avec des sujets difficiles à transmettre. Qu’est ce qu’une incubation ? Qu’est ce que le projet culturel ? Qu’est ce qu’un écosystème ? Avancer résolument tout en sécurisant ce qui existe. Telle est l’équation. En parallèle, un nouvel atelier guinguette, dix nouveaux amis. Une idée : le foin comme architecture.

Puis, dans une accélération sereine, réunion du premier bureau de l’association. Élection de la présidente : Victoire. Il lui faut moins de 48h pour prendre en main très sérieusement sa mission, structurer l’écosystème, faire « arbitre des élégances ». Son équipée avec Florence notre trésorière est belle à voir : premier résultat : un surplus notable d’énergies.

Maryline, l’architecte invitée pour construire la guinguette nous rejoint. Rapidement son diagnostic est « simple », clair et ambitieux : construire cet espace comme un parcours qui respecte les courbes de niveaux du site. Une succession de terrasses pour dessiner les ambiances et le paysage. Dès la semaine suivante pleuvent les devis et une drôle de machine sonde les sols. Cette guinguette, nous la construirons sur plusieurs saisons, mais dors et déjà nous confirmons son ouverture. Déception de Maryline, vite calmée, quand l’un(e) d’entre nous lui rappelle qu’il a fallu 1000 ans pour construire la Maison forte, la guinguette supportera bien 3 ans pour atteindre son dessin idéal…

Passé la nuit, le « conseil des sages » se réunit pour écouter, accompagner les premiers projets incubés. Belle et forte émotion devant les idées de Sébastien, Graziella, Fred et Hugo. Plus encore quand tous nous mesurons la bienveillance des questions posées, la qualité des convergences et des connexions possibles. Sens de l’écosystème aussi lorsque l’on convient ensemble que le projet de la guinguette n’est pas prêt à être mis en œuvre, les responsabilités de chacun ne sont pas clairement établies or, avec le code social – sur lequel nous avançons bien trop lentement – il y a pour chacun, un projet mission, objectif. En moins de deux jours, l’association convient de reprendre en main le projet durant un an avant de l’autonomiser possiblement en 2020. 48 h après, Arnaud nous rejoint et prend à sa charge le suivi de ce projet durant tout l’été. Merci chef !

Le 22, l’équipe est au presque au complet, Pierre, Julia, François et Cécile nous rejoignent. Seuls manquent Léa et Julien.
La « famille » est réunie. Il va falloir accueillir plus de 100 personnes ce soir pour leur présenter notre fameux projet. Organisation trop militaire au goût de Maryline mais belle efficacité, grande fluidité. D’importantes questions ont été posées par la salle, questions auxquelles nous répondons ici le plus précisément possible. Souhaitant expliquer au mieux le projet, nous prenons un peu trop de temps et Bruno peine encore à être clair et compréhensible dans son expression. Mais le feu, le vin, la fête créent le lien pour une belle soirée. Chacun comprendra notre histoire en se l’appropriant et les 50 personnes qui adhérent ce premier soir parleront de tout cela avec leurs mots et l’expérience qui vient.

Alors que nous avons à peine rechargé nos batteries sous ces premiers rayons printaniers un autre soleil vient à nous. Mireille et Jean, les parents de Graziella, s’installent quelques jours pour nous aider à brancher un système électrique fiable dans notre futur atelier partagé. Douceur, efficacité, belles conversations au coin du feu le soir. Nous avions tout pour rencontrer un jour ces gens là, il fallait simplement La Maison forte.

Victoire et Florence finalisent les propositions de projets/ missions pour les incubations de Sébastien et de Graziella, Philippe découvre la pile de documents non traités et François formule les bases de son projet d’incubation.

Arrive enfin le 30 mars, journée de test de « l’aventure de la bio exploration des écosystèmes ». 10 personnes participent à cet atelier dont Stéphanie et Magalie qui passent quelques nuits ici. La mycorhize inspire tout le monde, elle fait même rêver. Chacun comprend que grâce à cette symbiose de champignons, les végétaux disposent, en quelque sorte, de leur propre réseau internet. Idée d’un jeu de rôle, d’un parcours où les enfants acceptent une mission confiée par le grand chêne et s’inscrivent dans cette symbiose. Chacun devient courgette, haricots verts ou pissenlits… Nous repartons à une dizaine de personnes bien décidées à accompagner Sébastien dans son aventure. Une autre réunion se déroule au même moment.

Jérôme, Philippe et Alexandre préparent in situ « Plein champ », notre premier festival de cinéma. Un parfum d’épice indienne au dessus des cuisines et Victoire s’attelle à la cuisine moléculaire pour notre semaine des cuisines aphrodisiaques. Ce matin, un joli dalmatien bleu travaille dans la cours.

Inexorable donc : qui est insensible aux prières.

 

Joie : 8/10
Difficulté : 3/10
Fluidité : 9/10
Inquiétude : 4/10
Galère : 2/10
Fatigue : 6/10

 

 

QUELQUES INSPIRATIONS DU MOIS

Le café du canal. Pierre Perret.

Les Mycorhizes dans nos systèmes cultivés. Hervé Covès.

Les mattang. Alain Milon