Le prix du vivant

MASSACRE À LA TRONÇONNEUSE À LA MAISON FORTE
ENEDIS TUE L’ENVIRONNEMENT,

 

LE PRIX DU VIVANT, LANCEMENT D’UN DÉBAT CITOYEN, LA POSSIBILITÉ D’UN CHANGEMENT ?

Au printemps, dans la journée du 27 avril, en pleine période de nidification, la société Enedis est entrée sans aucune autorisation sur le domaine de La Maison forte à Monbalen et a rasé 8 arbres anciens, dont une essence protégée, sans aucune raison. Après un premier rapport de force au cours duquel les responsables de cette société n’ont cessé de s’enfoncer entre déni de responsabilité et inconséquence, ils ont fait une proposition de « réparation » à La Maison forte que nous avons refusé considérant qu’un projet de décoration arboricole ne se substitue pas à un écosystème saccagé délibérément. La réponse méprisante d’Enedis a été considérée comme inacceptable, la valider conduirait à considérer qu’il ne sert à rien de lutter pour la protection de notre environnement, le cynisme institutionnel et les intérêts financiers l’emportant toujours.

Considérant l’impossible réparation intégrale du préjudice – qui est pourtant la base du droit français – la déresponsabilisation systémique des décideurs économiques qui chaque jour pillent l’environnement de façon irréversible, La Maison forte a proposé à Enedis un principe de substitution consistant au financement d’un centre pédagogique dédié à une culture du vivant pour enseigner gratuitement ce savoir aux enfants de la région.

Cette option de création d’un bien public a été refusée par la société Enedis sans aucune attention portée au projet. Crainte d’un précédent ? Estimation que ce ne sont que quelques arbres ? Habitude de savoir que le droit plie toujours de leur côté ? Refus de reconnaitre ainsi leur responsabilité ? C’est ce que l’on va chercher à savoir parce que nous croyons que cette violence et cette impunité ne sont désormais plus acceptables.

Citoyen.ne, consommateur.trice d’électricité, attaché.e au service public, salarié.e d’Enedis, révolté.e d’un monde qui s’effondre et de la totale impunité des responsables du massacre quotidien, Don Quichotte de tous poils…

Rejoignez-nous, signez la pétition pour inventer un droit du vivant, une obligation de substitution, quand l’environnement est massacré de façon irrémédiable.

 

 

 

Elagage – nom masculin : L’élagage est une opération qui consiste en la coupe de certaines branches mortes ou vivantes (ébranchage) d’un arbre pour en orienter ou limiter le développement. On appelle généralement élagage l’arboriculture ornementale…

EN BREF

En quelques mots, les chapitres de ce triste exposé. Au clic sur les phrases, vous accédez au détail du sujet.

 

La confusion entre écosystème et décoration

Après avoir abattu des arbres anciens qui participaient activement à la vie d’un écosystème, Enedis propose « exceptionnellement » de replanter de jeunes arbres  dans ce qui est désormais une clairière.

Un geste gratuit de saccage du vivant, contrevenant à tout principe de protection de l’environnement et d’exemplarité de service public

Coupe rase alors qu’un élagage était parfaitement possible.

Une agression d’une rare violence

Violation de domicile, déni de responsabilité.

L’impossibilité de faire respecter le droit

Si le droit prévoit une restitution en l’état initial, dans le cadre du vivant, une telle approche est impossible. Ce qui semble en arranger plus d’un.

Une réponse inconséquente, de pur mépris

Face à l’impossible réparation, l’ouverture faite au moins disant.

Un saccage à la charge des citoyens

Une tentative de faire passer cela pour un accident avec prise en charge par les assurances.

Agir donc

Considérer que l’on n’a plus le choix, on les moyens, l’urgence est de travailler au respect du vivant, par tous moyens.

L’impossible réparation, construire ensemble une alternative

Quand la réparation en l’état initial est impossible, inventer une substitution responsable. En compensation, Enedis refuse la plantation d’une forêt vivrière et l’aménagement d’un centre d’éveil aux écosystèmes et au vivant pour les enfants de la région et… pour les cadres d’Enedis.

Pour le vivant, risquer le pot de terre contre le pot de fer

L’avis unanime est que l’on ne fait pas plier de telles entreprises. Pour autant, il devient impossible de ne pas agir quand cela nous est possible. Agir, perdre, essayer, rater encore, c’est apprendre.

Les mots qui fâchent 

En en plus, pour Enedis, nous sommes les méchants 🙂

 

La confusion entre écosystème et décoration
La seule réponse d’Enedis :  » Parce que !!! « 

 

Après deux mois d’échanges et de discussion, Enedis propose de replanter « des arbres de 8 mètres », confondant ainsi décoration et écosystème. Par ailleurs Enedis et La Maison forte ne s’accordent pas sur le nettoyage de la parcelle saccagée. Les premiers souhaitant débiter les arbres sur place, les seconds considérant qu’ils n’ont pas demandé l’abatage, souhaitent une extraction complète des arbres pour témoigner au plus grand nombre ce que peuvent commettre de telles sociétés. Ce désaccord fait courir un risque aux usagers du parc de La Maison forte et continue d’abimer le reste de l’environnement.

La Maison forte craint qu’Enedis mise sur ses moyens procéduriers et sur le temps long d’une action en justice pour démotiver d’autres victimes à confronter cette société à ses responsabilités. Malgré cette pression, l’association décide d’agir par tout moyen à l’endroit d’une société voyou pour plusieurs motifs :

  • N’étant pas propriétaire d’un environnement foncier mais ayant simplement la charge de l’entretien et de la transmission aux générations à venir, elle ne peut laisser perdurer des actes d’une telle violence institutionnelle.
  • Il est important, par cette affaire, de faire la démonstration qu’il n’y a pas atteinte à l’environnement sans attaque sociale systématique des salariés et des prestataires. Une telle agression n’aurait pas pu être le fait de salariés d’Enedis formés à l’entretien de l’environnement.
  • Face à l’urgence, le droit français doit reconnaître la responsabilité pénale des donneurs d’ordres et infliger des amendes telles que les responsables ne commettent plus l’irréparable. Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de prix au vivant qu’il ne faut pas condamner les voyous. Ce combat s’inscrit dans le sens du rapport publié le 05 juillet 2021 par la Cour des comptes Européenne (ici) pour qui : « le principe pollueur-payeur n’est pas correctement appliqué. Les coûts non pris en charge par les industriels [payés par les contribuables] se chiffrent en « centaines de milliards d’euros ».
  • À l’heure où les études scientifiques récentes parlent d’une situation irréversible, de « cataclysme » à venir pour les enfants d’aujourd’hui, il n’est plus possible d’être dans le déni, d’appeler aux sacrifices individuels quand de grandes sociétés agissent de telle manière, par pure cupidité.
  • Par cette action, La Maison forte souhaite faire avancer le débat sur la responsabilité pénale des décideurs d’écocides et participer à une évolution du droit pour une possible action en substitution quand une réparation intégrale de la destruction du vivant est impossible.

La Maison forte craint ce combat coûteux, épuisant, perdu d’avance mais voit derrière ce débat « Le prix du vivant », la seule lutte possible pour les générations à venir, la seule possibilité de conserver collectivement tout espoir en un changement et la sauvegarde de toute dignité collective. Quand le tri collectif, les voitures électriques et autres ersatz de changement ne suffisent pas à inverser la spirale de destruction. La Maison forte croit nécessaire de responsabiliser ceux qui ruinent sciemment notre environnement.

Ce travail, La Maison forte souhaite le faire sous forme d’action collective pour le vivant.

 

 

  • Et toi tu faisais quoi dans les années 2020 quand tout se cassait la gueule ? Tu mangeais du Quinoa ?

 

  • J’ai fait ce que j’ai pu. On sortait de nos premiers confinements, on n’en pouvait plus de l’état du monde. J’ai même rejoint des gens qui ont cru pouvoir faire bouger le droit et les monstres responsables de la destruction de l’environnement pour le profit simplement. Ta mamie faisait signer des pétitions, moi j’ai enquêté sur tous les faits similaires pour que l’on cesse de parler d’accidents et ton oncle s’est piqué d’une analyse sur le fonctionnement des écosystèmes. Avec nos petits bras, on a fait ce que l’on a pu. Et surtout on a vu que partout plein de gens travaillaient activement pour que cesse le carnage.

 

Rappel des faits

UN GESTE GRATUIT DE SACAGE DU VIVANT
CONTREVENANT À TOUT PRINCIPE DE PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT
ET D’EXEMPLARITÉ DU SERVICE PUBLIC

 

La Maison forte est située dans le château de Monbalen dans un site remarquable en Lot et Garonne. Au cœur de ce domaine de 6 hectares, passe une ligne électrique moyenne tension. Le projet de La Maison forte : travailler à la mise en œuvre d’une fabrique coopérative des transitions orientée principalement sur une culture du vivant.

Une agression d’une rare violence

 

Au mois de mars, un prestataire de la société Enedis est venu demander aux occupants de la Maison forte, l’autorisation de « décapiter » les arbres qui pourraient à terme gêner les fils électriques. Face à la violence de tels propos, les occupants de La Maison forte ont refusé tout accès au domaine sans une précision écrite concernant les travaux à effectuer. Après s’être renseignés sur leurs obligations, les responsables de La Maison forte ont rapidement consenti à cet entretien dans les strictes conditions prévues par la réglementation (3 m au dessous des fils).

En l’absence d’information écrite sur la nature de l’intervention, le même prestataire est repassé un mois plus tard pour faire la même demande sans plus d’engagement sur les travaux qu’il souhaitait conduire. Une nouvelle fois, cela lui a été refusé. Il lui a clairement été indiqué que rien ne se ferait sans une information claire sur les arbres à élaguer et sur la date des travaux afin que le régisseur du domaine puisse surveiller l’intervention. La Maison forte ayant pour mission la protection de l’environnement, aucun risque ne pouvait être couru à cet endroit.

Malgré ce refus sans aucune ambiguïté, le prestataire a pénétré en force sur le domaine quelques jours plus tard. Rasant à blanc des arbres anciens. Lorsque les membres de l’équipe de La Maison forte sont intervenus afin de faire stopper le massacre, un employé à déclaré « ne pas être payé pour élaguer les arbres » et ne disposant pas d’équipement adéquat, le second, ne parlant pas le français ne pouvait être informé d’un ordre quelconque de la part de sa direction. Ces gens se sont alors enfuis, laissant le saccage en l’état.

 

L’impossibilité de faire respecter le droit

 

L’élagage était techniquement possible, les responsables de la société Enedis ont immédiatement reconnu les faits et leur responsabilité. Il a été proposé à La Maison forte d’évaluer le préjudice pour une remise en l’état intégrale. Selon le droit français « La réparation du dommage (ou préjudice) doit être intégrale (ni perte ni profit), c’est à dire qu’elle doit replacer la victime dans l’état où elle se trouvait avant la survenance du sinistre, l’indemnité ayant pour mesure le préjudice subi. ». Il est apparu qu’il était techniquement impossible d’acheter, de déterrer de tels arbres, de les transporter sur site, de les lever par hélicoptère du fait du terrain escarpé sur lesquels les arbres étaient plantés et de décrocher les lignes électriques plusieurs jours pour l’effectuation des travaux. Cela se chiffrerait en centaines de milliers d’euros – millions ?? – avec un coût carbone inacceptable.

Face au refus de l’association d’évaluer un tel scénario et de considérer un accident mais bien un délit caractérisé, la société Enedis commence à faire porter la responsabilité de ce massacre sur son prestataire et a refuse toute alternative d’indemnisation de l’irréparable.

 

Une alternative responsabilisante, au bénéfice de tous, principalement du vivant Considérant les graves dégâts, La Maison forte a proposé un principe de substitution permettant de former les enfants et les cadres d’Enedis au respect du vivant. Puisque un écosystème est détruit, réaménageons un plus ambitieux à vocation pédagogique. Le temps de vie perdu par la forêt serait ainsi compensé par une action sociale, culturelle et politique résolue.

Cette alternative chiffrée à 280 000 €, représente 0,04 % du bénéfice annuel (2018) de la société Enedis. Elle permet une solution responsabilisante, investie à 100 % sur le commun et le vivant.

Une réponse inconséquente, de pur mépris :  » les arbres abattus ne sont pas morts, il existe des pouces de 3 centimètres sur les souches ! ». De quoi se plaint-on ?

 

En réponse, la proposition « à titre exceptionnel » faite le 02 juillet 2021, de replanter 8 jeunes arbres pour un coût de 16 000 €.

En toute mauvaise foi, elle prétend que l’abattage serait le fruit d’une incompréhension. Elle parle d’expertise à l’amiable contradictoire alors que La Maison forte a refusé, depuis le début toute interaction avec le prestataire considérant Enedis comme seule responsable de tels agissements. Ni les expertises de Enedis, ni celle de La Maison forte ne sont publiées, il n’y a pas de procédure contradictoire. Alors que des responsables Enedis se sont rendus dans la journée du saccage sur le site, que les premiers mails échangés tendent à considérer la responsabilité d’Enedis, cette société ne veut plus aujourd’hui être tenue responsable. Enedis considère les échanges entre elle et La Maison forte comme confidentiels, cette dimension n’ayant jamais été partagée, La Maison forte est libre de toute communication de pièces. De cette façon Enedis ne souhaite faire savoir qu’il existe la possibilité de se retourner contre eux dans le cadre de leur action de saccage. Enfin, elle minimise les actes au motif que les arbres abattus ne sont pas morts puisqu’il existe des pousses de 3cm sur les souches !! Pour rappel, il faudra plus de quinze ans aux arbres proposés en remplacement pour reproduire le rôle écosystémique des arbres saccagés. À l’occasion de la journée mondiale de la vie sauvage, un bilan de la Liste rouge des espèces menacées en France a été établi par l’Union internationale de conservation de la nature (UICN), l’Office français de la biodiversité (OFB) et le Musée d’histoire naturelle (MNHN) fait apparaître qu’il a été évalué que sur ces 13 dernières années, un total de 13 842 espèces sont en danger et 187 espèces ont complètement disparu en France. Le résultat est préoccupant : 17,6 % des espèces de faune et de flore sont aujourd’hui menacées en France. Le pourcentage augmente chez les oiseaux nicheurs (32 %). (ici)

Pour Patrick Rousseau responsable des opérations pour Enedis Aquitaine Nord :  » Ce chantier d’élagage est un chantier classique comme nous menons sur tout le territoire ». (ici) Nous ne pensions pas qu’Enedis reconnaitrait si simplement que nous n’avons pas à faire à un accident mais bien à un délit caractérisé.

 

La proposition faite par Enedis est jugée inacceptable par La Maison forte au motif qu’elle représente le coût de 3 chantiers d’élagages. Sans coupe rase, il aurait fallu entre 7 et 8 chantiers sur les 50 prochaines années nécessaires pour que ces arbres de décoration atteignent la taille de ceux sacrifiés et reprennent leur rôle dans l’écosystème. Par ailleurs, Enedis ne peut avoir intérêt à de tels saccages qu’il faut maintenant éclairer.

Si pour Enedis il ne s’agit que de quelques arbres, La Maison forte souhaite savoir à partir de quel niveau de violence un acteur de service public peut être condamné ? À l’heure où le débat sur la destruction de l’environnement met en cause l’avenir physique des générations à venir sur cette terre, à l’heure où les questions sur l’insécurité sont très présentes dans le débat public, La Maison forte souhaite savoir si il est normal qu’une société de service public agisse comme n’importe quel délinquant par violation de domicile et par destruction gratuite d’un patrimoine naturel ?

UN SACCAGE À LA CHARGE DES CITOYENS PEUT-T-ON, SANS RAISON, PÉNÉTRER CHEZ QUELQU’UN, SACCAGER UN ÉCOSYSTÈME SANS ÊTRE PUNI DE MANIÈRE EXEMPLAIRE ? DE TELS ACTES PEUVENT-ILS ÊTRE COUVERTS PAR LES ASSURANCES ?

 

Trois principaux griefs sont portés contre la société Enedis. Par ailleurs, une question se pose de manière particulièrement inquiétante.

 

Violation de domicile :

La Maison forte ne s’est jamais opposée à répondre à une obligation réglementaire et de bon sens quant à la bonne délivrance du service public de la distribution de l’électricité. Elle s’est simplement opposée à une intervention sans son contrôle hors du cadre réglementaire (couper les branches qui s’approchent à moins de 3m des fils électriques). Malgré cela des gens sont intervenus de manière qu’aucun juge n’autoriserait à un quelconque citoyen : la violation de domicile pour le saccage gratuit d’un patrimoine vivant. La Maison forte estime que dans cette société de plus en plus violente, en partie du fait de la crise environnementale en cours, les acteurs de service public se doivent à l’exemplarité.

 

Destruction gratuite de l’environnement :

Aucune raison technique ne justifiait autre chose qu’un élagage dans les règles de l’art ou, au pire, une trogne. Cette saignée à blanc ne peut plus être autorisée quand la crise que nous vivons est très liée à la ruine de la biodiversité. En cela il s’agit bien d’un crime au sens où le définit le Larousse : Une infraction très grave à la loi ou à la morale, aux lois humaines ; forfait ; attentat. La Maison forte veut savoir pourquoi Enedis sous traitent de telles tâches à des gens qui semblent simplement motivés par l’appât du gain et ne disposent d’aucune compétence pour effectuer leur travail. Face aux moyens financiers de la société Enedis, aux ambitions diffusées dans leur charte du développement durable, La Maison forte doute qu’il s’agisse d’une simple inconséquence. Pourquoi de tels actes sont possibles, à l’inverse de tous les engagements de développement durables pris par la société Enédis ?

 

Déresponsabilisation sociale d’un acteur de service public :

La course au bénéfice se joue systématiquement d’abord contre l’environnement puis contre l’humain. C’est bien de cela qu’il s’agit quand Enedis souhaite faire porter la responsabilité de cet écocide contre son prestataire. Enedis ne peut ignorer que les conditions dans lesquelles elle fait travailler ses salariés et ses prestataires conduit inéluctablement à ce genre de saccages. La question inquiétante est de savoir le lien qu’il y aurait entre une stratégie de contrainte économique effectuée sur les salariés et les prestataires et la destruction de l’environnement.

AGIR DONC

Si les citoyens seuls ne peuvent résoudre la crise environnementale, ils peuvent agir pour que les principaux responsables de cette crise cessent le massacre.

 

La Maison forte dont le rôle est de mettre en partage les nécessaires conditions de transition de notre société constate que si tous les citoyens sont conscients des dégâts irréversibles que connaît la planète, la plupart considère vain tout effort individuel quand la majeure partie du réchauffement climatique est le fait de grandes sociétés pénalement irresponsables. Pour cela La Maison forte souhaite inscrire la procédure lancée contre Enedis dans le cadre des travaux menés actuellement par la Fondation néerlandaise Stop Ecocide auprès du Tribunal Pénal International et considère que « Savoir sa liberté personnelle menacée est très dissuasif pour un décideur, et se voir accolée l’étiquette de criminel [ …] n’est pas une bonne pub, aussi les financiers et les assureurs réfléchiront avant de se lancer et les gouvernements avant de délivrer des permis ».(ici)

La crise environnementale que nous vivons est irréversible, la vie sur cette terre sera intenable pour nos enfants dans moins d’une génération. Tous les avis d’expertise récents vont en ce sens. En cela le dernier rapport du GIEC est sans ambiguïté « Le pire est à venir, avec des implications sur la vie de nos enfants et nos petits enfants bien plus que sur la nôtre […] Si la vie sur Terre peut se remettre du changement climatique majeur en évoluant vers de nouvelles espèces et en créant de nouveaux écosystèmes, l’humanité ne le peut pas » (ici)

Qu’aurons-nous à dire à nos enfants pour justifier d’une telle situation ?

Les actes individuels sont vains quand les grandes entreprises massacrent l’environnement, en toute impunité par simple avidité de gains économiques. Sur ces points, les simples citoyens peuvent agir.

Bien sûr le saccage dont il est question n’est rien en comparaison de la crise climatique au Canada, des nuages de feu, de la mer enflammée au large du Mexique… mais pour une fois les responsables sont identifié et c’est ce type d’actions qui conduit au saccage que l’on connaît. Ne pas y mettre fin avec force c’est continuer le cynisme, l’aquabonisme, c’est autoriser la fin que l’on nous promet.

L’IMPOSSIBLE RÉPARATION.

Construire ensemble une alternative qui pourrait enfin mettre fin au massacre de la biodiversité et responsabiliser les décideurs qui ont comme stratégie de tels saccages sauf à être dangereusement irresponsables.

 

C’est sur le terrain du droit qu’il nous faut agir. En imposant une évaluation financière de préjudices inestimables, le droit français autorise l’impunité des décideurs. Seul un droit posant un principe – à inventer – de substitution peut faire réfléchir des acteurs économiques qui agissent avec une telle violence, en toute connaissance de cause.

Aujourd’hui, en travaillant à mettre un prix du vivant, le droit conduit inévitablement à autoriser les entreprises voyous à de tels actes aux fins exclusives d’une prédation financière accrue.

Pour ces raisons, La Maison forte s’est refusée à toute transaction réparatrice et pose la proposition d’une action substitutive du type pollueur payeur, en rapport avec le délit, la responsabilité et les moyens du coupable. Face à l’inconséquence de la société Enedis, au mépris des réponses apportées, La Maison forte souhaite désormais faire de cette question un débat public.

Le juste prix d’Enedis

Pour Patrick Rousseau, responsable des opérations pour Enedis Aquitaine Nord, il s’agit désormais de payer « le juste prix » (ici). Chiche ? Nous invitons la société Enedis à calculer le prix d’une remise en l’état initial tel que le prévoit le droit français dans de tels cas où à travailler avec nous à une réflexion approfondie sur le prix du vivant.

 

POUR LE VIVANT, RISQUER LE POT DE TERRE CONTRE LE POT DE FER,

Changer le droit et punir les responsables d’une stratégie de saccage environnemental, une lutte collective pour retrouver l’espoir.

 

La Maison forte décide de se battre par tous moyens pour que ce principe de substitution soit reconnu par la justice, tout en sachant pertinemment que le temps et l’énergie consacrée seront énormes. Face à une armée de juristes qui ne travaillent qu’à la déresponsabilisation de leurs clients, il est temps de mettre fin à de telles pratiques.

La Maison forte souhaite par cette action savoir en quoi de tels actes répondent aux engagements de la société Enedis : « un service au plus près des clients « quand on viole des domiciles et que l’on agit avec une telle violence, « un gestionnaire de réseaux au service de la transition écologique » quand on massacre des écosystèmes, « une entreprise de service public à impact positif » quand on promeut à ce niveau la violence et l’irresponsabilité, « un service public tourné vers l’avenir » quand on tue tout espoir de changement. Quelle est la responsabilité de cet employeur quand la pression économique est au cœur d’une dynamique de sous traitance absolument mortifère ?

Après avoir consacrée une part importante de son activité de l’année 2020 au mythe de Don Quichotte et à la lutte zapatiste (ici), La Maison forte sait ce combat à venir, épuisant, probablement perdu d’avance mais elle agit avec une seule question pour principe : Quand on sait que nos gestes individuels ne suffiront pas à mettre en terme au désastre environnemental, peut on justifier auprès des générations à venir de ne pas avoir tout fait, agit par tout moyen, pour que les industries responsables cessent impunément ce saccage pour des raisons strictement cupides ?

Aussi, La Maison forte lance la plateforme « le prix du vivant » pour :

  • une pétition dédiée à la reconnaissance d’un droit de substitution quand la réparation du vivant à l’identique est impossible.
  • une collecte d’informations sur d’éventuelles pratiques similaires opérées par Enedis, sur d’autres territoires, afin d’identifier les responsables au sein de la société qui pousseraient ou qui permettraient de tels actes.
  • la constitution d’un collège d’économistes, de juristes, d’environnementalistes, de bénévoles qui travaillent à répondre à une question : Le vivant a-t-il un prix ?
  • l’organisation d’une rencontre sur le sujet dans le cadre des rencontres cinématographiques « Plein Champ » le 19 septembre 2021.

 

La Maison forte sait l’épuisement de tels combats, elle sait que c’est là dessus que comptent les criminels en bande organisée, mais elle est convaincue que l’énergie de cent personnes réunies sur une telle lutte sera toujours plus performante que celle de millions de personnes qui travaillent à de simples gestes écoresponsables pour sauver la vie humaine sur terre. Cela seul peut redonner à chacun l’espoir d’un possible changement.

 

LES MOTS QUI FÂCHENT

Les responsables de la société Enedis nous reprochent les mots que nous employons : trop violents. Qu’y-a-t-il de plus violent qu’être tranquillement chez soi et de voir des arbres tomber, sans raison ? Les mots justement :

écocide :

Crime contre l’environnement, destruction totale ou partielle d’un écosystème. (ici)

délit / crime  :

Fait prohibé ou dont la loi prévoit la sanction par une peine. ➙ contraventioncrimeinfraction ; délictueux ; délinquant.(ici)

voyou :

Homme du peuple ayant des activités délictueuses. (ici)

meute de mercenaires :

Qui n’agit que pour un salaire, est inspiré par le profit. (ici)

service public :

Activité d’intérêt général, assurée par un organisme public ou privé soumis aux règles qui sortent du droit commun (ici)