L’ALIBI, UN ACCIDENT HEUREUX

 

Un débat un jour à La Maison forte sur : Comment faire autrement ? Rapidement un constat : Nous ne savons pas. Besoin peut-être, de se taire et de partir marcher, à la découverte. Marcher sans savoir, ouvert à la rencontre, à l’écoute. Mais qu’est-ce qu’écouter à l’heure où les réseaux sociaux, la conjonction de crises travaille à nous isoler et à nous opposer chaque jour un peu plus ?

Et puis la rencontre de La Gare Mondiale et de Julien Villa, présentés par Samuel Vittoz du Festival de Villeréal. Une idée simple, le projet d’un roman : « Rodez Mexico », qui ne se mettrait pas en scène comme un spectacle. Ce serait quelque chose qui s’écrirait en marchant.

« Rodez Mexico » raconte l’histoire de la zone commerciale du Grand Rodez, de la destruction méticuleuse d’un paysage social. Jusqu’au jour où un jardinier des espaces verts de la zone commerciale, Marco, apprend la destruction prochaine de son pavillon pour élargir les zones d’accès de l’hypermarché. Dans un geste fou – mais face à une telle situation, existe-t-il d’autres alternatives ? – il commence à se prendre pour le sous commando Marcos et entame sa propre révolution en transformant son pavillon en réalidad. Ce geste, sans que l’on sache vraiment pourquoi, va fédérer à lui quelques amis, quelques personnes dans le doute sur le monde tel qu’il se dessine et bientôt, une véritable foule s’apprête à changer le monde depuis la surface commerciale de Rodez. Alors que tous s’inquiètent de cette bande d’utopistes qui, à part leurs idées, ne présentent aucun danger réel, personne ne voit une crise bien plus grave poindre à l’horizon… Cette histoire est la base sur laquelle nous allons dérouler notre rêve, notre marche, notre jeu.

Quoi qu’il en soit, quelques pages bien écrites ont fini par motiver cette marche, ce jeu, cette ouverture, cette aventure à celles et ceux qui peuvent se dire, le temps d’un instant : oui, cette histoire est la notre. À vous de prendre deux minutes pour nous aider à dégager l’horizon.

AIDEZ-NOUS SIMPLEMENT À ATTEINDRE L’HORIZON EN NOUS CONFIANT UN RÊVE
POUR UN AUTRE FUTUR

2 minutes pour vous, quelques centaines de mètres en plus pour nous.
Grâce à votre rêve pour le futur, nous avancerons dans notre marche, jusqu’à l’horizon.

 

L’HYPOTHÈSE DU JEU

 

 

Continuer le pouvoir de changement des grandes marches. 

 

Une parade, une caracole, une radio, une longue marche, des performances, des rencontres, un jeu, un ovni dans le paysage, des débats, une cartographie : un événement  pour faire autrement. Organiser la sortie de nos bastions pour aller à la rencontre de ce que l’on ne connaît plus. Travailler à aller à l’écoute.

Des artistes, des gens, des chercheurs, des paysans… tous marcheurs, pour un passage de relais sur ce qui vient pour retrouver une capacité collective à produire de la vie et de la différence.

Des connexions artistiques : Sangue pour présenter son nouvel album “ Empeureur” où comment dépasser l’emprise de la peur, Estelle Wolf pour construire une fanfare spontanée et citoyenne, Célestin Spriet et son composteur de mémoire, Camille Morin et Rémi Buscot et leur moulin à paroles… 

Des chercheurs, des scientifiques, des trouveurs, des paysans, des juristes… pour mettre en oeuvre une intelligence collective, absurde et créative.

Une invitation faite à toutes celles et ceux qui veulent réinventer, dans la marche, pour 1, 10 ou 20 kilomètres, une nouvelle manière d’être aux autres et à notre environnement.  

 

Enjeux : Inventer de nouveaux modèles et refaire lien.

 

La crise systémique que l’on vit interroge notre modèle de civilisation. Entre chaque confinement, la question politique de l’effondrement n’est pourtant pas posée. Ce sujet n’étant pas désirable par le plus grand nombre, chacun oscille entre colère, déni ou fascination. Rares sont les énergies qui travaillent à préparer l’airbag social et symbolique qui ralentirait le poids de la chute et éclairait quelques portes de sortie.

Dans l’histoire humaine, les changements de civilisation, porteurs de conditions d’émancipations soutenables pour le plus grand nombre, ont toujours été accompagnés ou précédés par un évènement que l’on n’attendait pas. Aujourd’hui cette vision est déléguée à l’espace marchand  de « l’économie de l’attention ». Le secteur artistique se précarise, les créateurs deviennent hybrides et l’institution peine à se réinventer. Nombre de lieux font de la Covid une crise de la culture alors que ce virus est probablement plus le symptôme de la crise d’un secteur. 

Donc marcher, sans autre projet que de chercher à faire lien, à faire territoire et à tenter collectivement de travailler à nos récits futurs et aux déconfinements des modèles dont nous avons hérité. Voilà ce que peut-être cette grande marche, un geste désespéré et résistant, un mouvement humble et ambitieux, une quête grave et drôle à la fois. Aller et se confronter à la sérendipité, c’est -à -dire produire une connaissance nouvelle, faire preuve d’une posture dédiée à la surprise, à l’inconfort et travailler à multiplier les expériences de l’autre. Pour tout cela, accepter de ne pas savoir. Aller à l’écoute encore et encore. Multiplier les chemins de traverses. Mettre en place des solutions de réappropriation et de soin de l’espace public. Tout cela, sans autre intention. 

Le seul événement est de voir des gens se rassembler et partir en conquête sans objectif, sans projet, sans autre revendication que celle d’être ensemble.

Après ?… Nous verrons.

 

 

Protocole : Construire comme l’on pose les règles d’un jeu.

 

Si nous n’avons pas de projet, nous avons un protocole qui est tout à la fois, celui des randonneurs, des géographes, des artistes et des joueurs :

  • Une marche : Une centaine de kilomètres pour prendre le temps de vivre, de rencontrer, de douter et de se laisser étonner.
  • Des points d’étapes : Monbalen / Cancon / Villeréal / Bourrou / Bergerac 

Voici le premier segment d’une utopie qui ne peut être un échec puisqu’elle se formule sans attente autre que de faire le chemin. Mais si cette aventure rencontrait une audience plus large que ce que l’on vise, alors ce segment serait la base d’un réseau et commencer l’écriture d’une autre histoire.

 

À l’origine de cette expérience : La gare Mondiale (Bergerac), la compagnie Propagande Asiatique basée à Eymoutiers (Haute-Vienne, Nouvelle-Aquitaine), Vous êtes ici (opérateur du festival de Villeréal) et La Maison forte ( Monbalen)