Jules Verne (c’en est un !)

Ici, la machine est toujours poétique
et contribue à une meilleure relation
entre les hommes.

 

En plus de 100 titres, Jules Verne (1828–1905) décrit plus des « voyages » que des sociétés en tant que telles, mais la poésie de ses inventions et de ses anticipations peut faire de lui un véritable utopiste. Sans l’électricité capable d’alimenter le Nautilus, l’Albatros ou l’éclairage de Paris, l’homme pourrait-il envisager de vivre émancipé des lourdes tâches du quotidien pour produire son énergie ? Dans une description toujours irréelle et virtuelle de l’avenir, Verne donne envie du futur. La maison vapeur offre le confort nécessaire à l’épanouissement des hommes, la locomotive routière, la locomobile, la voiture avion, le train à air comprimé offrent à l’avenir un monde mobile et sans frontière. La publicité projetée sur les nuages propose une vision presque joyeuse de la consommation. On est alors dans un autre monde, celui où les hommes quittent leurs terres pour rejoindre les villes et découvrir un avenir raboté par la révolution industrielle à venir. Ici, la machine est toujours poétique et contribue à une meilleure relation entre les hommes. En « téléphotant » dans des villes où les rues font plus de cent mètres de large, en ayant accès à l’information dans des cabinets phonographiques ou en disposant de nourriture via un réseau pneumatique, Jules Verne suggère d’autres rapports sociaux, d’autres manières d’être au monde et c’est pour cela, certainement, qu’il peut être qualifié d’utopiste.

 

 

Ce texte est largement inspiré de l’ouvrage Utopies et utopistes, de Thierry Paquot, aux éditions La Découverte. Pour une lecture aboutie, courez chez votre libraire.