Créer c’est accepter l’inconnu. Le Vivat. Armentières. 22/11/17

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Vivat / Armentières /

20 novembre 2017 de 10 à 17h

Recherche / Action

Intervenant : Armand Hatchuel

Professeur à Mines Paris Tech, Co-responsable de la Chaire théorie et méthodes de la conception innovante. Concepteur de la théorie CK.

Avec l’opération Occupaïe, le Vivat laisse les clés du théâtre à des « brigades thématiques » qui inventent, chemin faisant, de nouveaux formats de rencontres. En 2016, Occupaïe a ainsi rassemblé 1 000 personnes qui ont coproduit une centaine d’alternatives possibles à ce qui, partout, crée découragement et morosité. Pour fonctionner, une telle démarche suppose, d’accepter de ne pas savoir ce qui va advenir.

Créer, innover, produire du changement c’est accepter l’inconnu, parfois même, de ne connaître ni le but à atteindre, ni la démarche à suivre. Quand on sait déjà l’un ou l’autre, on prend alors le risque de produire du même. Changer c’est donc entrer en zone de fragilité, entrer en contact avec d’autres, se confronter à des phénomènes nouveaux alors que les prises de décisions imposent toujours plus de réduction des risques. Cette simple tension, entre exploration de l’inconnu et connaissance acquise est probablement la principale raison des échecs liés aux politiques de changement et d’innovation en général.

Mettre en œuvre une culture des communs, c’est assumer le partage sincère, c’est donc accepter de ne pas savoir ce qui vient, c’est tracer une route fonction d’un but que ne détermine pas une seule puissance organisatrice mais selon une méthode que l’ensemble des parties prenantes comprend et partage pour une destination inconnue face à laquelle tous sont égaux.

Acteur culturel, chercheur, responsable de politiques de changement vous êtes dans ce paradoxe de devoir innover dans un cadre figé ? Comment résoudre cette injonction ? Comment accepter de ne pas savoir ? Comment substituer au flou du résultat, l’efficacité d’une démarche de conception innovante ?

Partagez votre expérience. Participez au débat/conférence présentant les outils accompagnant une prise de décision en zone floue.

Co-construisez au cours d’ateliers les référents capables, dans une telle situation, de nourrir une culture des communs.

Contexte

Les organisations classiques, la lourdeur des dispositifs institutionnels, les impératifs des entreprises… produisent nécessairement un programme, un cadre de contrôle, un ensemble de prévisions qui, souvent, ferment l’espace des possibles. Dans les espaces de création et d’échange, tout semble désormais prévu et chacun se retrouve assigné à sa place de client, de spectateur, de citoyen au risque d’un sentiment de désaffiliation.

Comment en sommes-nous arrivés à fixer nos réponses créatives dans la façon même dont on pose les questions ? Peut-on accepter de ne pas savoir quand on lance un nouveau dispositif, un produit, une idée ? Contrôle, responsabilité, lâcher prise et succès sont ils associables ? À quelles conditions ? Existe-t-il des méthodes sincères d’ouverture ? Comment, quand on doit être créatif, ne pas savoir peut être une force, une valeur ajoutée? Ne pas savoir est-il un risque quand nos espaces de représentation sont massivement anticipés par des calculs logarithmiques et que nos espaces de socialisation sont désormais prévus au point de sembler s’épuiser ?

Perspectives

Une des pistes méthodologiques pour changer un système épuisé, est de travailler aux communs, c’est à dire de travailler à ouvrir dans les dispositifs, une place sincère à l’autre, au débat, aux possibles rencontres, à l’appropriation réelle.

Défixer nos espaces de représentation et de conception.

Ouvrir des espaces où chacun vient avec ce qu’il est, accepter les interactions et les risques qui feront rencontre, événement, différence pour changer en tant qu’organisation, institution…