Confiné de Canard

Confinés, nous continuons !

 

Il y a 363 jours nous lancions La Maison forte – Fabrique coopérative des transitions, pour imaginer demain, autrement. Le constat nous l’avions et il fédérait déjà une centaine de personnes : un système monde complexe, interagissant à grande vitesse engageant une consommation folle de nos ressources, et certainement une fin du « modèle » actuel à plus ou moins court terme. Nous refusions la naïveté : la tâche est complexe, difficile, inconfortable. Nous refusions les positions de principes : les pensées pré-mâchées renâclant l’apocalypse, les sectarismes, les replis communautaristes.

Il aura fallu un bête pangolin faisant son marché à Wuhan cet automne, pour que ça parte en vrille, vite, très vite… dans une vrille dont on connait à peine les tenants et certainement pas les aboutissants.

Nous pensions célébrer le printemps – car si nous ne sommes pas naïfs, nous souhaitons célébrer – avec un jour J #3 sous l’égide de « C’est un jardin extraordinaire ! « . Tout est reporté… Mais nous étions en place pour que ça ait lieu. Alors ici, à Monbalen, nous sommes confinés, avec des artistes, des amis, des designers, des penseurs… Puis, il y a tous ceux qui sont ici, et tous ceux juste un peu plus loin, à l’autre bout des skypes ou du téléphone ou des mails.

Nous savons tous, plus ou moins intuitivement, qu’il y aura un avant et un après, ce que nous allons traverser, là… En ces temps qui viennent, nous souhaitons investir le présent. Simplement. Nous ne sommes pas médecins, scientifiques de hauts vols ; nous sommes des faiseurs, des penseurs, des « vouleurs » du présent, d’un désir d’avenir…

Donc, confinés nous construisons, nous continuons, connectés… Nous sommes ici peu, mais restons ensemble, avec vous, les voisins, les amis, les adhérents, tous les autres, parties prenantes de notre aventure. L’optimisme ou le pessimisme, c’est une alternative que nous avons abandonnée depuis bien longtemps. Mais nous croyons en le faire… Nous croyons en l’échange… Nous croyons en le dire.

Tout ce que l’on a construit, échangé, partagé, nous allons prendre le temps de le structurer. Nous sommes acculés à résidence… et bien travaillons, doucement, autrement, mais construisons encore sans certitude, à tâtons.

Et profitons de ce temps d’abstinence d’efficacité pour continuer à vivre… forcément autrement, avec les morts quotidiennes aussi… Mais restons groupés, car plus que jamais nous sommes innombrables… C’est pourquoi, après avoir publié notre journal manifeste Canard, nous lançons aujourd’hui Confiné de Canard, une plateforme d’échanges, de partages, de discussions…